Browsing the blog archives for juin, 2010.

De l’égalité des chances à l’école : les stratégies éducatives en question

Articles, Parentalité

Le 7 juin avait lieu les journées scientifiques de l’université de Nantes dédiées cette année à la thématique enfance. J’ai assisté à certaines conférences tout à fait intéressantes et l’une d’elles a particulièrement retenu mon attention : comment les pratiques éducatives déterminent le développement de l’enfant par Agnès van Zanten. Ma prise de notes effrénée doit pouvoir m’aider à vous restituer le contenu de cette intervention très pertinente sur les inégalités qui existent dans l’école et comment notre système éducatif et les stratégies des familles contribuent à les entretenir.


Agnès van Zanten est sociologue et directrice de recherche au CNRS. Elle travaille à l’Observatoire sociologique du changement (CNRS-Sciences Po Paris) et dirige le GDR-RAPPE (Réseau d’analyse pluridisciplinaire des politiques éducatives), ainsi que la collection « Éducation et société » aux PUF. Elle enseigne à Sciences Po et à l’École Normale Supérieure de Cachan, et effectue de nombreuses interventions dans des séminaires scientifiques et des journées de formation de cadres et de professionnels de l’éducation en France et à l’étranger. Elle a dirigé le Dictionnaire de l’éducation (PUF, 2008). Merci au site web de l’observatoire des zones prioritaires (www.association-ozp.net) pour cette courte biographie.

Force est de constater qu’entre l’image d’Epinal qui veut que l’école républicaine constitue le plus court chemin vers l’ascenseur social et la réalité d’un système éducatif en crise, il y a un gouffre. Entre les violences en milieu scolaire, les réformes du gouvernement Fillon, l’échec (sauf exception) des politiques de ZEP et les classements internationaux de niveau des élèves qui ont vu la France dégringoler, l’Education Nationale est sous le feu des projecteurs, et pas pour de bonnes raisons. Pierre Bourdieu avait déjà stigmatisé l’école en cela qu’elle constituait un outil de reproduction des hiérarchies sociales. Rien n’a changé pourtant malgré les intentions. Les élèves qui réussissent le mieux leurs études sont d’abord issues de milieux favorisés. Lors de sa conférence, Agnès van Zanten nous a livré des éléments qui expliquent comment s’opère cette reproduction sociale, et comment elle est favorisée à la fois par les stratégies des familles et par le système lui-même.  Je dois préciser que le contenu qui va suivre ne constitue en rien une retranscription officielle de l’intervention d’Agnès van Zanten.

Quelques constats :

  • Les familles des milieux populaires ont des aspirations scolaires pour leurs enfants moins élevées que celles des familles favorisées. Malheureusement l’école dépasse trop rarement ces aspirations : au mieux elle les encourage, souvent elle les tire vers le bas.
  • Les enfants des classes populaires sont assez vite autonomes d’un point de vue pratique et social mais moins vite d’un point de vue intellectuel. C’est l’inverse au sein des familles aisées et c’est cette forme d’autonomie que récompense le système scolaire.
  • Les familles des milieux populaires laissent beaucoup d’indépendance à leurs enfants. Ils sont moins sollicités et surveillés que dans les milieux aisés où les parents ont des débats d’idée avec leurs enfants, surveillent leurs devoirs et les poussent à suivre plusieurs activités extra-scolaires. Là encore l’école a un parti pris vis-à-vis de ces pratiques dans la façon dont elle évalue les élèves.

De nouveaux facteurs empêchent l’école d’être plus égalitaire

  • L’inégalité dans l’assistance apportée aux élèves :  l’allongement de la durée d’étude et le durcissement des sélections dans les études supérieures aggravent ce constat. 40% des parents issus des classes populaires déclarent ne pas être en capacité d’aider leurs enfants à faire leurs devoirs à l’école primaire et ils sont 80% au collège. Si ces enfants ne comprennent pas les cours, personne chez eux ne peut les aider. C’est particulièrement  vrai pour les matières où le savoir s’acquière de manière cumulative comme les mathématiques. A l’inverse, 70% des enfants issus des classes aisées suivent des cours particuliers dans le secondaire.
  • Le choix de l’établissement scolaire : les classes populaires respectent beaucoup plus la carte scolaire que les classes moyennes et supérieures qui font de ce choix une véritable stratégie (choix des options, déclaration d’une fausse adresse de résidence…). A cela s’ajoutent les familles qui font le choix du privé. Au cours de sa scolarité, 1 enfant sur 2 est passé au moins une fois par un établissement privé. En outre et ce n’est pas un hasard, les meilleurs lycées publics se trouvent souvent dans des zones où les loyers sont très chers, ce qui empêche d’office les milieux populaires d’y accéder.
  • L’implication des parents dans la vie scolaire : en France, les parents participent très peu à l’élaboration des projets pédagogiques des établissements scolaires. Cela créé une fracture très forte entre l’école et les parents peu éduqués qui ne comprennent plus les exigences du système scolaire et ne peuvent pas accompagner leurs enfants.

Que faire pour  gommer les inégalités?

L’école ne peut plus traiter également des gens inégaux.

  • Favoriser les aides publiques à destination des milieux défavorisés : il faut donner plus de moyens directs (équipements, encadrement des élèves…) aux lycées fréquentés par les classes populaires. Mais il faut veiller à ce que la mise en place de ces aides à destination d’une population donnée ne soit pas stigmatisée. Les études montrent que le niveau de réussite d’un établissement est conditionné à 75% par le niveau social des élèves qui y rentrent. La pédagogie a donc un rôle limité parce que les enseignants sont obligés de s’adapter à leur public.
  • Encourager la mixité des établissements : afin de dépasser les stratégies d’évitement menées par les classes supérieures, il est nécessaire de mener une politique de mixité sociale. Les études montrent que les élèves en difficulté progressent beaucoup plus vite dans des classes hétérogènes mais les enseignants français ne sont pas bien formés à animer des classes hétérogènes. La mixité doit devenir un projet social fort en communiquant sur ses bienfaits.

Individuellement, chaque parent a aussi des responsabilités quand il fait ses choix éducatifs. Les stratégies de protection sont tout-à-fait compréhensibles mais elle desservent la mixité  et tirent le niveau général vers le bas.

D’un point de vue plus personnel et pour dépasser les propos d’Agnès van Zanten, il serait peut-être aussi grand temps d’introduire de nouveaux outils d’enseignement comme les cartes heuristiques par exemple. De plus, s’accrocher à l’idée d’emmener 80% d’une classe d’âge au baccalauréat a vécu. L’obtention du bac n’est plus vécu comme une reconnaissance et c’est bien dommage. A quand une vraie réflexion sur la refonte des sections au lycée, la désacralisation de la filière scientifique générale et la valorisation des filières techniques en France?

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Une boutique en ligne pour les enfants handicapés!

Divers, Parentalité

J’ai découvert aujourd’hui une très bonne initiative que je tenais à vous faire partager : la création de http://www.canailles-a-roulettes.com, une boutique en ligne qui commercialise des produits pour les enfants en fauteuils roulants.

Sur son site, Muriel, 39 ans, maman de 2 enfants dont une fille de 13 ans, IMC, raconte l’histoire qui l’a amenée à la création de ce site : « Parce que j’ai souvent cherché des solutions pour aider ma fille Emma dans son quotidien et que je me suis aperçu de la pauvreté de l’offre pour les enfants handicapés, j’ai décidé de créer ma propre boutique en ligne de matériel adapté pour toutes les canailles à roulettes ! Je l’ai souhaité gaie et attractive, sans référence au monde médical que toutes les canailles et leur famille connaissent souvent trop bien. »

Longue vie à Canailles à roulettes!

François

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Nokia cherche des parents testeurs pour Story Visit

Parentalité, Web

Bonjour,

Je vous relaie une initiative très intéressante lancée par le Nokia Research Center. Ils travaillent sur un service nommé Story Visit qui permet à distance d’accompagner les enfants dans leur apprentissage de la lecture ou bien de leur lire des histoires grâce à Internet. C’est très pratique pour les parents séparés géographiquement de leurs enfants ou bien pour garder le lien avec les grands-parents, oncles, tantes, parrains , marraines…Story Visit permet donc de partager un moment intime et fondateur avec un enfant à distance!

Encore un exemple de co-création sur Internet pour offrir des services aux parents…Serait-ce dans l’air du temps ? ;-)

Pour plus d’infos et si vous voulez intégrer le panel des testeurs, c’est ici !

François

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Signe de vie…

Articles, Projet Parenco

Je dois reconnaître que j’ai un peu laissé mon blog de côté ces dernières semaines. Ce n’est pas bien mais il faut dire que j’ai été vraiment très occupé par Parenco. Or en regardant les statistiques de trafic du blog, je me suis aperçu que tous les lundis il connaissait un pic de connexions, car c’est le jour où en général j’écris mes billets. Je dois dire que ça m’a fait chaud au coeur (le mot est lâché!) de voir que malgré l’absence de nouveaux contenus, certains lecteurs ont tenu la cadence et ça m’a aussi un peu plus culpabilisé…Bref, plutôt que de rédiger un billet qui explique que j’avais les meilleures excuses du monde pour ne pas en écrire durant ces 6 dernières semaines, je vais vous dire ce que j’ai fait pendant ce temps-là. Certains diront que ça revient au même, je les entends d’ici…

Depuis la mi-avril, j’ai été très pris par la rédaction de dossiers de candidature pour 2 appels à projets : celui lancé par le pôle enfant d’une part, et d’autre part, celui lancé par la région Pays de la Loire sur un thème qui colle parfaitement à mon projet : L’innovation numérique au service du lien social. Pour ceux qui ne sont pas au fait de tous ces dispositifs, un appel à projets permet de présenter un projet innovant dans le but d’obtenir des subventions afin de le réaliser.

L’appel à projets innovants du pôle enfant (dont le dossier définitif est à rendre pour fin juin) nécessite de monter un consortium (comprenez un groupement d’acteurs pour porter le projet) composé dans l’idéal d’un établissement de recherche et d’entreprises. Cela est partiellement fait grâce à l’alliance de :

- Parenco (aujourd’hui une association, bientôt je l’espère une SARL),

- le laboratoire Présence et Innovation de Laval, dépendant des Arts et Métiers et spécialisé dans la réalité virtuelle et l’optimisation des processus de conception et d’innovation

- une petite entreprise du pôle enfant.

Nous cherchons encore une grosse société adhérente du pôle pour donner plus de poids à notre consortium. Dans le cadre de cet appel à projets, nous présentons un projet de plateforme 3D sur Internet qui permet à un professionnel  de l’enfance de solliciter des internautes pour l’aider à concevoir de nouvelles offres. Les industriels pourront impliquer des parents, des enfants, des pédiatres, des assistantes maternelles…dans leur processus d’innovation pour développer de nouveaux produits et services en co-création. Le rôle de Parenco sera d’utiliser son réseau social pour sélectionner les contributeurs. Une telle plateforme d’innovation collaborative n’existe pas encore et permettrait aux professionnels de l’enfance de tirer partie de 2 grandes tendances de fond : le social media marketing et l’innovation collaborative.

L’appel à projet de la région Pays de la Loire doit me permettre de financer plus facilement le développement de la version 1 du réseau social Parenco et d’en faire le site web référent pour les acteurs de la filière enfance en région. Pour répondre à cet appel à projets, il a fallu que je finalise mon cahier des charges et que je rédige un business plan. Voilà pourquoi j’ai été silencieux tout ce temps…Ces chantiers représentaient de sacrés challenges mais j’ai réussi à tout boucler dans les temps. Je tiens d’ailleurs à remercier l’équipe de Human Connect et en particulier Etienne Billet, qui m’a bien aidé à rendre un dossier crédible dans le timing.

Cela a eu le mérite de bien faire avancer le projet Parenco : avec un cahier des charges et un premier business plan, les choses deviennent plus concrètes. Je vais maintenant m’atteler à les rendre plus complets et encore plus persuasifs dans le but de trouver des investisseurs. Je dois également m’occuper de nouer des partenariats avec d’autres sites web pour parents afin avoir du contenu et de bénéficier d’échange de trafic. Enfin, je suis assez focalisé sur la recherche d’un associé : j’ai quelques pistes sous le coude mais rien de concret pour l’instant.

Au travail donc ! Et merci de votre fidélité!

François

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