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la co-création comme vecteur de nouvelles relations entre parents et professionnels de l’enfance

Articles, Projet Parenco, Web

Bonjour à tous,

A mesure que nous travaillons à la naissance de Parenco, les idées sur les services que nous souhaitons proposer aux parents s’affinent. Et il y en a une qui nous trotte dans la tête depuis le départ : la co-création de services ou de biens liés à la parentalité. Une de nos ambitions est de mettre en place des applications qui permettent aux parents de participer à des dispositifs d’innovation ascendante ou bottom-up (littéralement du bas vers le haut, soit du consommateur vers l’offreur) afin d’améliorer la qualité de service des professionnels de l’enfance d’un territoire donné.

La co-création, c’est la prise en compte réelle du potentiel de créativité et de jugement des consommateurs. Aujourd’hui, beaucoup de marques utilisent la co-création pour développer des produits et cela fonctionne.

Légo Factory par exemple, vous permet de concevoir en 3D de manière collaborative des nouveaux produits en utilisant des briques existantes, comme si vous étiez avec vos amis dans une salle qui vous donnait accès à toutes les pièces Légo en stock illimité, un rêve de gosse en somme…Ensuite, Légo vend votre création; 2700 modèles sont ainsi mis en vente chaque semaine sur le site du constructeur de briques. Très compliqué à mettre en place d’un point de vue industriel, ce nouvel outil a beaucoup d’avantages pour Légo:

  • être assuré de commercialiser des produits en accord avec sa cible
  • renforcer la loyauté comportementale de ses clients
  • augmenter le volume des ventes et le nombre de références
  • se positionner sur le marché du loisirs pour adultes (au même titre le marché du modélisme par exemple)

une vidéo expliquant comment fonctionne Lego factory

De nombreux clubs Légo d’adultes se sont formés autour de Légo Factory. Nike utilise aussi la co-création avec Nike-ID , solution qui vous permet de customiser vos chaussures sur la base de modèles de série. Dans la sphère de la parentalité, on pourra citer des exemples comme alphabet plates et roomsbyyou, déjà évoqués dans un article précédent.

Mais la co-création dépasse de loin le cadre de la conception de produits finis. On pourrait aussi l’utiliser pour co-produire des services publics : un groupe d’administrés « testeurs » pourrait être amené à valider par l’usage la mise en place de services publics, ce qui améliorerait le dialogue entre les collectivités locales et leurs administrés.  Une journée organisée par la FING en septembre à Rennes nous a permis de réfléchir à cet idée de services publics co-produits. La co-création peut aussi servir à faire produire un bien unique, totalement sur-mesure et inventé par vous : par exemple, un livre de contes que vous auriez écrits pour vos enfants (Rappelons que J.K Rowling, la créatrice d’Harry Potter a commencé comme ça…). Dans ce dernier cas, la co-création constitue également un début de réponse à l’évolution des relations entre clients et petits commerçants ou artisans locaux et permet sortir des logiques de produits hyper-standardisés dont le but est de générer des économies d’échelle (plus on produit un bien, moins il coûte cher à produire unitairement).

Il nous semble que les parents représentent une population particulièrement encline à participer à des mécanismes de co-création et ce pour plusieurs raisons:

  • être parent, c’est être créatif (divertissement, alimentation, aménagement, vêtement…)
  • chaque enfant est unique et  l’uniformisation des réponses industrielles ne reflète pas ces particularités
  • les parents ont besoin de connaître la traçabilité des produits destinés à l’enfant (alimentation bio, biberons sans bisphénol A…)
  • il y a autant de façon de vivre sa parentalité que de parents mais ils ont besoin de confronter leurs idées
  • la co-création ouvre la voie des petites séries de production rentables et seules ces petites séries peuvent prendre en compte des cas particuliers (enfants handicapés, triplés…)
  • co-créer c’est se regrouper, et se regrouper c’est avoir du poids sur la mise en place de nouvelles initiatives

Nous réfléchissons donc aux moyens d’introduire des mécanismes de co-création à la plateforme Parenco, ce qui pose plusieurs questions:

  • Comment rétribuer justement les parents co-créateurs? (voir billet précédent pour creuser cette question)
  • Comment élaborer des interfaces de création complètes, ergonomique et facile d’accès?
  • Comment gérer les problèmes de propriété intellectuelle?

Si vous avez des idées sur ces questions, n’hésitez pas!

François

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Les wincos : Parenco récompensera les parents contributeurs

Articles, Projet Parenco, Web

Quand nous présentons Parenco à des personnes susceptibles de nous aider à porter le projet, la première question est toujours la même: êtes-vous parents vous-mêmes? Pour l’instant, la réponse est non…en entendant cela, certains de nos interlocuteurs s’étonnent… »mais alors comment pouvez-vous savoir de quoi les parents ont besoin? ». En fait cet argument a peu de sens.

D’abord, sans être parents nous-mêmes, nous avons pas mal de bébés dans notre entourage: neveux, nièces, enfants d’amis…et biensûr nous discutons avec eux de leur parentalité; ensuite, le fait qu’on ne soit pas des papas n’est pas une raison suffisante pour nous juger incompétents pour monter un projet comme Parenco (les médecins n’ont pas forcément vécu les maux qu’ils traitent!); mais surtout, Parenco n’est pas là pour donner des conseils aux parents; d’autres sites qui ont pignon sur rue font déjà cela très bien. L’ambition de Parenco, c’est de créer des outils pour que les parents et les professionnels de l’enfance d’un même territoire échangent et génèrent eux-même du contenu via des outils collaboratifs: encyclopédie wiki, groupes de discussion, test de produits de puériculture, création d’évènements, publication de vidéos, de contes pour enfants…Nous faisons le pari que cette voie assurera la pertinence des contenus de Parenco.

Nous pensons surtout que toute contribution des membres de la communauté Parenco devra être rétribuée : d’une part cela encouragera la création de contenu, d’autre part il nous semble normal que ceux qui prennent du temps pour améliorer l’intelligence collective d’une communauté et  la somme des connaissances partagées soient récompensés. Oui mais comment? Pour l’instant, nous penchons pour une rétribution via une monnaie virtuelle : les wincos (ce que vous gagnez quand vous contribuez). Selon une échelle de rétribution communiquée par le site, certaines actions entraînant de la création de contenu pertinent pour la communauté feront gagner au contributeur un certain nombres de wincos. Ces wincos pourront être utilisés pour faire des dons à une association, pour acheter des applications non gratuites ou pour acquérir des produits liés à l’enfance commercialisés par des distributeurs sélectionnés avec lesquels Parenco aura développé des partenariats via des mécanismes d’affiliation. Nous devons encore explorer ce concept dans le détail et il est évident qu’une foule de questions se posent: comment éviter les abus et les comportements trop profiteurs? Comment s’assurer que Parenco soit toujours en mesure de rétribuer ses contributeurs sans mettre dans la balance sa pérennité? …

Cette piste prometteuse est donc encore à défricher mais les questions sur les monnaies virtuelles dans les mécanismes de crowdsourcing sont de plus en plus discutées sur le web et nous espérons trouver avec les wincos un outil qui encourage les membres à générer du contenu et qui rétribue les meilleurs contributeurs à hauteur de leur implication.

Si vous connaissez des exemples de mécanismes de rétribution de contenus sur internet qui fonctionnent bien, n’hésitez pas à nous en faire part dans les commentaires. Pensez-vous que ce système est juste et fiable?

François

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Web et lien social ???

Web

Un petit article pour constater comment la vision de la relation entre lien social et web a évolué depuis l’apparition d’Internet.

Petit flashback il y a environ 10 ans : quand Internet s’est démocratisé en France, les sociologues, les médias et par voie de conséquence l’opinion publique se sont inquiétés des effets pervers que pouvait avoir cette « réalité virtuelle » sur le lien social entre les individus. On entendait souvent des discours qui laissaient à penser qu’Internet renfermait les gens sur eux-mêmes, les coupait de la vie réelle et faisait d’eux des autistes inadaptés à la vie en société…les premiers web-geeks en somme…

Avec le développement des chats et des forums sont apparues les problématiques liées à l’anonymat de l’internaute : si personne ne peut m’identifier, alors tout est permis et je peux me cacher derrière mon pseudo pour dire et faire n’importe quoi. Ce système a aidé ceux qu’on a alors appelé les « cyber-prédateurs » à commettre leurs méfaits, alors même qu’on pensait avoir trouvé la parade grâce à l’adresse IP.

Enfin, les jeux massivement multi-joueurs tels que Counter Strike ou plus récemment World of Wracraft ont souvent été accusés d’isoler les adolescents dans des mondes virtuels et de développer leurs instincts violents, jusqu’à être reconnus responsables de drames comme ceux de Columbine ou Winnenden.

Video de surveillance pendant le massacre de Columbine

Video de surveillance pendant le massacre de Columbine

Bref, non content de détruire le lien social, Internet faisait resurgir nos plus vils instincts… et quand la bulle Internet a éclaté c’était le pompon : « on vous l’avait bien dit que tout ça c’était de la flûte et dangereux ». C’était oublié un peu vite qu’une innovation est rarement mauvaise en elle-même et qu’elle ne devient que ce que l’on en fait … C’est l’usage qui fait émerger les avantages et les dangers d’une technologie c’est-à-dire l’appropriation par l’homme de cette technologie. Bien sûr il faut prendre des précautions, bien sûr certains usages du web ont des effets pervers si on ne les surveille pas mais c’est une des composantes de l’innovation.

Aujourd’hui, il est difficile de nier que le web nous apporte énormément et qu’il a changé beaucoup de choses et en premier lieu le partage de l’information : il bouleverse le schéma « top down » vertical traditionnel (quelques médias font circuler l’information vers les masses) en générant  une circulation plus horizontale et sans censure de l’information entre les individus ;  rappelez-vous la vitesse à laquelle le monde a eu accès aux images des émeutes après les dernières élections en Iran grâce aux sites de partage de vidéos en ligne. Là où il y a 20 ans, l’information était une richesse en soi, aujourd’hui, puisqu’elle est surabondante et disponible pour tous, c’est la capacité à mobiliser cette information qui devient un avantage concurrentiel, d’où l’essor très rapide des moteurs de recherche. Mais ce n’est pas tout! Internet et ses nouvelles fonctionnalités (le web 2.0 ou quand les internautes deviennent créateurs de contenu) nous permettent de créer des espaces qui reflètent notre identité grâce par exemple aux blogs et aux réseaux sociaux. Ce que je suis dans la vie réelle se retrouve sur Internet: quand il y a 10 ans je pouvais me comporter n’importe comment sur le web sous couvert d’anonymat, aujourd’hui je dois faire attention car le web 2.0 a crée des ponts entre mon identité réelle et mon identité numérique. D’où les grosses interrogations du moment sur l’identité numérique et la gestion de la confidentialité sur Internet.

Cette prise de conscience est même déjà dépassée par un enjeu plus fort: Internet est devenu un générateur de lien social, parce qu’il est un espace de rencontres et de découvertes sans limites mais aussi parce qu’il offre des espaces de co-création. Grâce aux outils wikis, aux réseaux sociaux, aux blogs et à tous les mécanismes de crowdsourcing, les internautes se rencontrent en générant du contenu ensemble sur des thèmes qui les rassemblent. En connectant les individus entre eux et en leur permettant d’échanger sur les mêmes problématiques ou de partager les mêmes passions, Internet provoque l’émergence d’initiatives très intéressantes d’un point de vue sociétal. Les exemples ne manquent pas: la montre verte, agoravox, peuplade

C’est en comprenant cela que nous est venue l’idée de Parenco : créer un espace où les parents se rencontrent pour échanger sur des problématiques communes et y trouver des solutions tout en respectant le modèle éducatif de chacun. Parce que s’il y a un thème sur lequel les parents échangent beaucoup, c’est bien les enfants !!!

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